L’essentiel à retenir
Le CERT-FR référence quatre vulnérabilités publiées par Microsoft le 16 juillet 2026 :
- CVE-2026-56171 ;
- CVE-2026-58598 ;
- CVE-2026-58643 ;
- CVE-2026-59117.
Les produits cités comprennent plusieurs versions de Windows 10 et Windows 11, ainsi que Windows Admin Center et Windows Terminal.
Les risques associés à cet ensemble de vulnérabilités comprennent :
- l’exécution de code arbitraire à distance ;
- l’élévation de privilèges ;
- le contournement d’une politique de sécurité ;
- l’accès non autorisé à des données.
Pour une petite entreprise, la bonne stratégie consiste à :
- inventorier les versions réellement installées ;
- vérifier les sauvegardes et les clés BitLocker ;
- mettre à jour un petit groupe pilote ;
- contrôler les applications métiers ;
- généraliser le déploiement ;
- vérifier les numéros de build et les échecs.
Quels systèmes sont concernés ?
L’avis du CERT-FR liste les versions suivantes.
| Produit | Version considérée comme vulnérable |
|---|---|
| Windows 10 version 21H2, 32 bits | antérieure à 10.0.19044.7548 |
| Windows 10 version 21H2, ARM64 | antérieure à 10.0.19044.7548 |
| Windows 10 version 21H2, x64 | antérieure à 10.0.19044.7548 |
| Windows 10 version 22H2, 32 bits | antérieure à 10.0.19045.7548 |
| Windows 10 version 22H2, ARM64 | antérieure à 10.0.19045.7548 |
| Windows 10 version 22H2, x64 | antérieure à 10.0.19045.7548 |
| Windows 11 version 24H2, ARM64 | antérieure à 10.0.26100.8875 |
| Windows 11 version 24H2, x64 | antérieure à 10.0.26100.8875 |
| Windows 11 version 25H2, ARM64 | antérieure à 10.0.26100.8875 |
| Windows 11 version 25H2, x64 | antérieure à 10.0.26100.8875 |
| Windows 11 version 26H1, ARM64 | antérieure à 10.0.28000.2525 |
| Windows 11 version 26H1, x64 | antérieure à 10.0.28000.2525 |
| Windows Admin Center | versions antérieures à 2.7.4 |
| Windows Admin Center | versions antérieures à 2511 |
| Windows Terminal App | version concernée à vérifier dans le bulletin Microsoft |
Pourquoi ne pas cliquer immédiatement sur « Installer partout » ?
Corriger rapidement une vulnérabilité est important. Déployer une mise à jour sans préparation sur tous les postes peut néanmoins créer un autre incident :
- logiciel métier qui ne démarre plus ;
- pilote incompatible ;
- VPN indisponible ;
- impression interrompue ;
- redémarrage pendant une opération critique ;
- poste demandant une clé de récupération BitLocker ;
- machine distante qui ne revient pas en ligne.
Le but n’est pas de retarder les correctifs pendant plusieurs semaines. Il est de réduire le risque en utilisant un déploiement progressif et suffisamment rapide.
Comprendre les principaux types de vulnérabilités
Exécution de code arbitraire à distance
Une vulnérabilité d’exécution de code à distance peut permettre à un attaquant d’exécuter des instructions sur une machine ciblée.
La gravité réelle dépend notamment :
- du composant concerné ;
- de son exposition au réseau ;
- de la nécessité ou non d’une interaction utilisateur ;
- des privilèges obtenus ;
- de la disponibilité d’un code d’exploitation ;
- de l’existence d’une exploitation active.
Élévation de privilèges
Une élévation de privilèges est généralement utilisée après un premier accès.
Un attaquant déjà présent avec des droits limités peut chercher à obtenir :
- des droits administrateur local ;
- des droits SYSTEM ;
- l’accès à d’autres comptes ;
- la capacité de désactiver les protections ;
- l’accès à des données supplémentaires.
Contournement de sécurité
Un contournement peut permettre d’éviter un mécanisme prévu pour bloquer une action : avertissement, restriction applicative, contrôle de contenu ou mécanisme de confiance.
Atteinte à la confidentialité
Ce risque correspond à la possibilité d’accéder à des informations qui ne devraient pas être visibles : mémoire, fichiers, informations de session, données de configuration ou secrets.
Étape 1 : inventorier les versions Windows
Avec winver
Sur chaque poste :
- appuyez sur
Windows + R; - saisissez
winver; - validez ;
- relevez la version et le numéro de build.
Avec PowerShell
$os = Get-CimInstance Win32_OperatingSystem
[PSCustomObject]@{
Ordinateur = $env:COMPUTERNAME
Edition = $os.Caption
Version = $os.Version
Build = $os.BuildNumber
Architecture = $os.OSArchitecture
DernierBoot = $os.LastBootUpTime
}Pour obtenir le numéro de révision complet utilisé dans les bulletins :
$cv = Get-ItemProperty 'HKLM:\SOFTWARE\Microsoft\Windows NT\CurrentVersion'
$versionComplete = '{0}.{1}.{2}.{3}' -f `
$cv.CurrentMajorVersionNumber,
$cv.CurrentMinorVersionNumber,
$cv.CurrentBuildNumber,
$cv.UBR
$versionCompleteExemple :
10.0.26100.8875Exporter un inventaire simple au format CSV
$os = Get-CimInstance Win32_OperatingSystem
$cv = Get-ItemProperty 'HKLM:\SOFTWARE\Microsoft\Windows NT\CurrentVersion'
$versionComplete = '{0}.{1}.{2}.{3}' -f `
$cv.CurrentMajorVersionNumber,
$cv.CurrentMinorVersionNumber,
$cv.CurrentBuildNumber,
$cv.UBR
$dernierCorrectif = Get-HotFix |
Sort-Object InstalledOn -Descending |
Select-Object -First 1
$resultat = [PSCustomObject]@{
Ordinateur = $env:COMPUTERNAME
Edition = $os.Caption
VersionComplete = $versionComplete
Architecture = $os.OSArchitecture
DernierDemarrage = $os.LastBootUpTime
DernierCorrectifDetecte = $dernierCorrectif.HotFixID
DateCorrectif = $dernierCorrectif.InstalledOn
}
$resultat | Export-Csv `
-Path "$env:USERPROFILE\Desktop\inventaire-windows.csv" `
-NoTypeInformation `
-Encoding UTF8Étape 2 : classer les machines par priorité
Priorité 1 : systèmes sensibles ou exposés
- postes des administrateurs ;
- machines utilisées pour administrer le cloud, les serveurs ou le réseau ;
- ordinateurs portables utilisés à l’extérieur ;
- postes manipulant des informations sensibles ;
- systèmes hébergeant Windows Admin Center ;
- équipements accessibles à distance.
Priorité 2 : postes bureautiques classiques
- bureautique ;
- messagerie ;
- navigation ;
- applications courantes ;
- accès aux fichiers partagés.
Priorité 3 : machines particulières
- postes industriels ;
- anciennes applications métiers ;
- machines rarement connectées ;
- équipements dépendant d’un matériel spécialisé ;
- postes sans sauvegarde récente.
« Priorité 3 » ne signifie pas « ne pas corriger ». Un test ou une procédure spécifique peut simplement être nécessaire.
Étape 3 : vérifier les sauvegardes
Avant le déploiement :
- vérifiez les documents métiers ;
- contrôlez la dernière exécution ;
- restaurez un fichier de test ;
- identifiez les dossiers locaux oubliés ;
- documentez la reprise des postes critiques.
Un point de restauration Windows peut aider dans certains cas, mais il ne remplace pas une sauvegarde.
Étape 4 : contrôler les clés BitLocker
Avant de mettre à jour un poste chiffré, vérifiez que la clé de récupération existe dans l’emplacement prévu :
- Microsoft Entra ID ;
- Active Directory ;
- compte Microsoft pour certains usages ;
- coffre-fort documentaire sécurisé.
Pour afficher l’état de BitLocker :
Get-BitLockerVolumeOu :
manage-bde -statusNe stockez pas les clés dans un fichier texte partagé ou un ticket accessible à tous.
Étape 5 : préparer un groupe pilote
Pour une entreprise de vingt postes, un groupe de deux à quatre machines peut comprendre :
- un ordinateur récent ;
- un ordinateur plus ancien ;
- un poste utilisant le logiciel métier principal ;
- un ordinateur portable.
Après la mise à jour, testez :
- démarrage et ouverture de session ;
- domaine ou Entra ID ;
- VPN ;
- impression ;
- partages réseau ;
- messagerie ;
- antivirus ou EDR ;
- sauvegarde ;
- logiciels métiers ;
- veille et sortie de veille.
Pour un correctif important, quelques heures à une journée d’observation peuvent être préférables à une attente excessive.
Étape 6 : choisir la méthode de déploiement
Windows Update
Pour un très petit parc :
- ouvrez Paramètres ;
- accédez à Windows Update ;
- recherchez les mises à jour ;
- installez-les ;
- redémarrez ;
- vérifiez le numéro de build.
Gestion centralisée
Selon l’environnement :
- Microsoft Intune ;
- stratégies de groupe ;
- Windows Update for Business ;
- WSUS ;
- solution RMM.
Un déploiement par anneaux permet d’organiser :
- le pilote ;
- une première vague ;
- la généralisation ;
- le rattrapage des machines hors ligne.
Étape 7 : mettre à jour Windows Admin Center et Windows Terminal
Windows Admin Center
Le CERT-FR mentionne :
- les versions antérieures à
2.7.4; - les versions antérieures à
2511.
Vérifiez dans le Microsoft Security Update Guide quelle branche correspond à votre installation.
Après la mise à jour :
- contrôlez l’accès à l’interface ;
- testez les connexions aux serveurs ;
- vérifiez l’authentification ;
- contrôlez les extensions ;
- consultez les erreurs.
Windows Terminal
Pour afficher la version avec winget :
winget list --name "Windows Terminal"Pour rechercher une mise à jour :
winget upgrade --name "Windows Terminal"Identifiez d’abord le canal de distribution utilisé : Microsoft Store, package d’entreprise, winget ou image système.
Étape 8 : vérifier la version après installation
$cv = Get-ItemProperty 'HKLM:\SOFTWARE\Microsoft\Windows NT\CurrentVersion'
'{0}.{1}.{2}.{3}' -f `
$cv.CurrentMajorVersionNumber,
$cv.CurrentMinorVersionNumber,
$cv.CurrentBuildNumber,
$cv.UBR| Système | Version minimale indiquée |
|---|---|
| Windows 10 21H2 | 10.0.19044.7548 |
| Windows 10 22H2 | 10.0.19045.7548 |
| Windows 11 24H2 ou 25H2 | 10.0.26100.8875 |
| Windows 11 26H1 | 10.0.28000.2525 |
Étape 9 : contrôler les fonctions essentielles
Testez :
- ouverture de session ;
- réseau filaire et Wi-Fi ;
- VPN ;
- résolution DNS ;
- partages ;
- impression et scanner ;
- messagerie ;
- navigateur ;
- antivirus ou EDR ;
- sauvegarde ;
- logiciel métier ;
- périphériques spécialisés ;
- BitLocker ;
- redémarrage complet.
Pour les postes distants, confirmez leur retour dans l’outil de gestion.
Étape 10 : surveiller pendant 24 à 72 heures
Surveillez :
- échecs d’installation ;
- redémarrages répétés ;
- erreurs applicatives ;
- lenteurs ;
- problèmes de pilote ;
- incidents VPN ;
- blocages d’impression ;
- alertes de sécurité ;
- machines restées sur une ancienne build.
Consultez également les pages Windows Release Health.
Diagnostiquer un échec Windows Update
Relever le code d’erreur
Notez :
- le code ;
- l’heure ;
- le nom du poste ;
- la mise à jour concernée ;
- le numéro de build avant l’échec.
Vérifier l’espace disque
Get-PSDrive -Name CGénérer le journal Windows Update
Get-WindowsUpdateLogContrôler l’intégrité du système
DISM.exe /Online /Cleanup-Image /RestoreHealthPuis :
sfc /scannowConsulter les problèmes connus
Avant de désinstaller un correctif, vérifiez :
- Microsoft Security Update Guide ;
- Windows Release Health ;
- documentation du logiciel métier ;
- bulletins du VPN ou de l’EDR ;
- incidents connus de votre outil RMM.
Quel délai pour déployer ?
| Situation | Objectif indicatif |
|---|---|
| Exploitation active et système exposé | urgence, après test minimal |
| Vulnérabilité critique sans exploitation confirmée | déploiement accéléré |
| Poste bureautique standard | vague rapide après pilote |
| Machine métier fragile | test dédié puis correction documentée |
| Machine éteinte ou hors réseau | correction dès sa reconnexion |
Ces délais sont des principes d’organisation, pas une règle réglementaire universelle.
Checklist de déploiement
- ☐ L’avis Microsoft a été relu le jour du déploiement.
- ☐ Les machines et versions ont été inventoriées.
- ☐ Les systèmes prioritaires ont été identifiés.
- ☐ Les sauvegardes ont été vérifiées.
- ☐ Les clés BitLocker sont disponibles.
- ☐ Le groupe pilote a été défini.
- ☐ Les applications métiers ont été testées.
- ☐ Les correctifs ont été généralisés.
- ☐ Les redémarrages ont été réalisés.
- ☐ Les numéros de build ont été contrôlés.
- ☐ Windows Admin Center a été vérifié.
- ☐ Windows Terminal a été vérifié.
- ☐ Les machines hors ligne ont été listées.
- ☐ Les échecs sont suivis.
- ☐ Les problèmes connus sont surveillés.
Conclusion
Les correctifs de juillet 2026 concernent plusieurs versions de Windows ainsi que des outils d’administration utilisés en entreprise.
Le bon réflexe n’est ni de repousser indéfiniment les mises à jour, ni de les installer sans contrôle sur tout le parc.
Une méthode simple permet déjà de réduire fortement le risque :
- connaître les versions installées ;
- protéger les données et les clés de récupération ;
- tester sur quelques machines ;
- déployer rapidement par vagues ;
- vérifier les builds ;
- surveiller les erreurs.
Cette discipline est plus importante que l’outil utilisé. Un parc de dix ordinateurs suivi dans un tableau fiable peut être mieux protégé qu’un parc administré par une console complexe que personne ne consulte.
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Nous pouvons notamment :
- inventorier les versions ;
- identifier les machines vulnérables ;
- vérifier les sauvegardes ;
- sécuriser les clés BitLocker ;
- créer des groupes de déploiement ;
- suivre les mises à jour à distance ;
- contrôler les échecs ;
- documenter la maintenance du parc.